Call for Papers: Cygne noir, revue d’exploration sémiotique, no 14, 2026. Colonialité/décolonialité
Dossier dirigé par Simon Levesque
Cinquante ans après l’explosion sémiotique des années 1970, où dominait l’obsession d’une théorie unifiée capable d’embrasser tout phénomène de signification ou de communication, nous nous trouvons face à un paysage épistémologique radicalement transformé. La pensée décoloniale a émergé principalement d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie depuis les années 1990. Elle a mis au jour ce que la modernité maintenait dans l’ombre : la colonialité. Mais c’est en Amérique du Sud que ce mouvement de pensée s’est tout particulièrement développé grâce aux études sémiotiques et avec elles. Selon Aníbal Quijano, la colonialité n’est pas un résidu historique du colonialisme politique, mais la face obscure constitutive de la modernité elle-même. Il n’existe pas de modernité sans colonialité : l’histoire de la modernité est l’histoire de la colonialité. D’un point de vue décolonial, le phénomène colonial, ou colonialité, existe bien au-delà de la subordination politique étatique ou économique : il a des racines dans l’imaginaire, dans les systèmes de croyance et de connaissance ; nos représentations en sont imprégnées.
Cet appel à contributions invite les chercheur·e·s à explorer comment les études sémiotiques contribuent de manière critique à l’analyse de la colonialité et des processus de décolonisation. Plus précisément, nous souhaitons examiner comment la sémiose – comprise comme processus de production, de circulation et d’interprétation des signes – est traversée par la colonialité, et comment elle peut également devenir un lieu de résistance, de reconstitution et de libération épistémique .
L’objectif de ce numéro est d’explorer les rapports – effectifs, possibles, nécessaires – entre, d’une part, la colonialité comme structure de pouvoir inscrite dans la modernité et les processus de décolonisation en cours et, d’autre part, les études sémiotiques dans leur pratique effective, leurs présupposés épistémologiques et leurs productions signifiantes. Il convient de garder en tête la nature profondément interdisciplinaire de la sémiotique. Ainsi, les chercheur·e·s de toutes les disciplines, s’y rattachant de près ou de loin (sciences sociales, communication, arts, lettres, etc.), sont invités à contribuer.
L’échéance pour proposer un article est fixée au 30 avril 2026.
Les manuscrits complets devront être déposés avant le 15 juillet 2026.
La publication est prévue pour la fin de l’année 2026/début 2027.
N’hésitez pas à contacter la rédaction de la revue si vous avez des questions : redaction@revuecygnenoir.org